“J’ai besoin d’être seule. Je reviendrai quand j’irai mieux… ». Ce sont les derniers mots qui restent à Franck après la soudaine disparition de sa femme. Comment expliquer à sa fille, Audrey, que sa maman ne rentrera pas ce soir, ni demain, ni peut-être jamais ? Comment annoncer ça à sa famille ? À ses amis ?
Dans ce roman poignant, colère, incompréhension et culpabilité se mélangent. Tout comme les voix des personnages, pour venir démêler le fond d’une existence, celle d’Alice, partie sans un bruit.
Quand on écrit sa propre histoire, les brouillons sont interdits…
Mon Avis
La nouvelle couverture est fabuleuse, douce et vaporeuse. J’aime beaucoup.
Un mystère dès les premières pages
Ce livre est semblable à une énigme. Comme les personnages de cette histoire, nous sommes à la recherche du personnage principal, Alice.
Puis chacun de ses derniers se lancera à la recherche, au plus profond de lui, des événements qui ont mené à cette “perte”. De questions en remises en question, tout le monde finira par se demander ce qu’il a fait, raté, oublié, … face à cette disparition.
De belles remises en question
J’ai aimé découvrir l’envers du décor de chacun des personnages. Connaître leur passé, leur évolution, leurs erreurs, les non-dits et leurs espoirs. Et j’ai découvert à chaque fois, une vision différente d’Alice. L’on y découvre comment ils la voyaient, ce qu’ils ont pensé ou oublié.
Catherine Coulombel a le chic pour donner une voix à chacun de ses personnages. Je trouve cela vraiment très agréable d’avoir une vue d’ensemble sur eux tous. Savoir où ils en sont, pourquoi, comment, quelle a été leur motivation, ….
Je n’ai pas compris le choix du personnage principal … et pourtant
Plus tard dans le récit, la voix d’Alice explique beaucoup de chose, éclaire les endroits sombres de cette histoire. Mais surtout cela a permis d’apaiser un peu mon mal-être face à ce choix.
Je me suis toujours sentie plus mûre que ceux de mon âge et aujourd’hui, à vingt-sept ans, je dois être victime d’un vieillissement accéléré. Mes horizons ont rétréci, mes projets sont au point mort, mon avenir sans phare. Qu’est-ce que j’ai raté ?
Une mise en scène réussie …
La disparition d’Alice a été minutieusement menée. Cette femme a pensé à tout. Elle a fait en sorte de conduire tout le monde là où elle le souhaitait et a réussi un tour de force intéressant.
Finement écrite, cette disparition alerte, au fur et à mesure, sur la gravité de la situation, menant ici et là, avant de pouvoir découvrir ce qu’il en est réellement.
L’auteure a réussi un coup de maître avec cette montée en puissance de l’angoisse, de l’incompréhension et de la peur. Ses mots sont finement bien choisis.
“Les brouillons interdits” est un livre qui porte bien son titre. C’est une belle lecture qui mène à la réflexion sur ce que nous sommes, sur notre évolution personnelle et sur notre bien-être également. Le mot “brouillon” sied à la perfection au ressenti d’Alice, à ses pensés emmêlées, à son mal-être intense.
Si seulement c’était possible de faire des brouillons de sa vie. Comme une dissertation à rédiger à la maison. Prendre des notes, les relire, commencer une thèse, une antithèse, avancer ses arguments, les passer au crible de la critique, les gommer ou les raturer, se documenter, attendre quelques jours, prendre du recul et relire encore comme si c’était nouveau, comme si l’on n’en était plus vraiment l’auteur, redécouvrir son texte, lui apporter quelques corrections, et puis écrire « au propre » et trouver la satisfaction profonde de la copie idéale…
Un livre à découvrir
Catherine Coulombel est une auteure dont j’apprécie particulièrement la plume. Dans sa 1ère version, celle auto-éditée, “Les brouillons interdits” a été finaliste du Prix Flamboyant 2021 du roman auto-édité. Vous le trouverez dès maintenant chez Ozril Éditions.
Livresquement,
France B.
Ozril Éditions
12 Mai 2022 (359 pages)
Broché : 21,00€
Lecture de Janvier 2022 (Auto-édition précédente)
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